La place des femmes dans les mouvements spirituels


Les femmes portent dans leur sein les enfants en devenir, puis veillent sur eux jusqu'à ce qu'ils puissent voler de leurs propres ailes. Elles savent d'instinct comment on protège la vie et comment on assure la perpétuation de l'espèce humaine. Cela acquis, elles devraient recevoir le rôle naturel de choisir l'homme qui sera capable d'être un père pour leur enfant. Elles devraient recevoir un enseignement dans ce but : bannir les hommes portés sur la boisson, ou qui s'adonnent aux jeux d'argent, les dépensiers. Elles doivent au contraire rechercher les hommes réfléchis.

Et c'est aux hommes de s'efforcer d'être dignes afin d'être désirables.

Beaucoup de malheurs proviennent du fait que la hiérarchie des valeurs est inversée : les hommes rient s'ils voient une femme s'intéresser ostensiblement à l'un d'entre eux. Ils devraient plutôt se demander ce qu'a cet homme privilégié et qu'eux-mêmes ne possèdent peut-être pas.

Toutefois, le rôle des femmes n'a rien de facile : elles doivent être exigeantes, dire non aux hommes qui veulent tout : boire, jouer aux jeux d'argent, déserter leurs responsabilités pour rejoindre les copains, s'esclaffer sans retenue en écoutant des histoires salaces, s'asseoir à la table quand le repas est prêt, faire des remontrances à leur épouse en qualité, usurpée, de chef de famille, et décider de quelle somme d'argent elle a besoin pour tenir la maison.

Les femmes fortes sont les vraies femmes, alors qu'elles sont qualifiées d'hommasses par la gent masculine commune. Pour prendre confiance en elles, elles doivent comprendre qu'elles ont une mission spéciale d'éducatrices. Elles doivent exercer leur autorité pour dissuader l'homme ordinaire de prendre la vie pour un terrain de jeux.

Dans le cas contraire, la domination masculine pourra durer quelques milliers d'années encore.

Par ailleurs, les femmes doivent être présentes à tous les étages de l'organisation de la société car on n'est jamais si bien servi que par soi-même.

Les religions ont fait beaucoup de tort aux femmes. Toujours aujourd'hui, dans les grandes assemblées, qu'elles soient chrétiennes ou bouddhistes, les femmes constituent le public qui écoute le prédicateur. C'est pourquoi, pour que le monde avance, un responsable de mouvement spirituel doit être très pointilleux et averti sur ce point. Celui qui repousse le sujet d'un revers de main au prétexte que le féminisme et la spiritualité sont deux sujets étrangers l'un à l'autre n'est pas digne de sa position.

La raison profonde du mépris dont souffrent les femmes provient de la petitesse de la race humaine. Dans les couches les plus basses de l'humanité, le physique et le matériel l'emportent sur le mental, le mental et l'intellect l'emportent sur le spirituel. C'est comme cela qu'on peut mesurer le degré de développement spirituel d'une civilisation. Il est évident que les femmes ont beaucoup à gagner à s'engager pour l'émancipation de l'humanité par l'inversion des valeurs.

Des responsables de mouvements spirituels conscients de la gravité de leur mission doivent donc être doués d'empathie et toujours très à l'écoute des femmes du groupe dont ils ont la charge. Tant que les femmes d'un groupe auront les positions sociales les moins valorisées, on ne pourra pas dire que le groupe a grandi, quel que soit le nombre de membres.

Les meilleures lois n'y pourront rien. Les femmes doivent recevoir l'éducation à laquelle elles ont droit, et à leur tour veiller avec une grande fermeté sur le développement spirituel de toute la famille.


Conseil de lecture : "Une société sans père, ni mari ; les Na de Chine"  par Cai Hua